Bangkok, le retour

Nous passons deux jours à Bangkok avant de reprendre l’avion pour Bruxelles. C’est une bonne coupure entre le Cambodge et la Belgique, ça nous ramène un peu vers la civilisation tout en étant quand même bien dépaysant. En même temps, comme nous sommes gorgés de soleil et d’aventures, nous avons moins envie de courir la ville qu’à l’aller.

L’Atlanta, un hôtel mythique

IMG_7462La guesthouse à l’aller ne nous ayant pas laissé des souvenirs inoubliables côté sommeil, nous avons décidé de trouver un hôtel plus calme et aux chambres mieux isolées. En cherchant bien, je suis tombée sur un hôtel unique, L’Atlanta, un hôtel qui n’a pas changé depuis les années 50, dans une Soi tout près de Sukhumvit Road. Et c’est loin d’être une publicité mensongère. Tout quasiment, est resté dans son jus, sauf le wifi heureusement (sinon vous ne pourriez pas lire cet article). C’est magnifique, et je comprends qu’il ait servi de lieu de tournage à plusieurs films, dont l’un de mes préférés, In the mood for love de Wong Kar Wai.

Nous avons loué une suite avec 2 chambres et salon, et Calli s’extasie devant la baignoire (ça fait plus d’un mois qu’elle n’en a pas vu une). Les chambres sont bien isolées, climatisées et quasiment sans moustique. Le rêve d’Ivan 🙂 En plus, l’hôtel recueille les chats et chiens abandonnés, il y en a plus de 40. Le rêve de Calliopée 🙂

Le restaurant est digne d’un diner’s américain des années 50, avec du jazz en arrière-fond sonore et un menu incroyable, comme en 1952. Bref, tout ici nous plaît, et je ne vous ai pas encore parlé de la piscine, la première piscine d’hôtel de Thaïlande à l’époque. 25 avec une zone pour plonger et des hamacs au bord de la piscine. Bref, on ne va pas beaucoup bouger pendant deux jours, ça c’est sûr.

When in Bangkok…

IMG_7477Le premier jour, Ivan part avec la soeur de Tai, notre amie de Bangkok, pour aller acheter du matériel de massage. Pendant ce temps, on va manger sur le pouce avec les enfants dans les étals dont Bangkok a le secret, puis je les emmène au MBK, le plus gros centre commercial d’Asie. J’adore cet endroit, même s’il est plein de Starbucks et de Burger King aujourd’hui, mais il y a tout de même cette ambiance cosmopolite unique à Bangkok. Et au 7ème étage, il y a le cinéma, le bowling, les jeux vidéo.

Les enfants s’amusent à se prendre en photo sur des fonds de cinéma, puis nous décidons d’aller au cinéma voir les pingouins de Madagascar en anglais sous-titré thaï. La salle est quasiment vide. Les enfants sont surpris que nous ayons des places attribués, mais encore plus surpris lorsqu’il faut se lever pour le salut au roi, et choqués lorsque les bandes annonces se révèlent être une succession de films violents, avec armes, sang et mêmes des zombies. Ils ferment les yeux d’eux-mêmes (hallelujah) et me supplient de ne pas aller porter plainte à la direction. Je ne sais pas quoi penser de leur attitude, ils sont devenus plus asiatiques que les locaux. Pas de scandale, ne pas crier, please 🙂

IMG_7533On rejoint Ivan à l’hôtel qui nous raconte les aventures de son côté et on prend un taxi pour aller manger avec Tai au restaurant Harmonique près de l’ambassade de France. C’est une chouette mélange entre ambiance chinoise, coloniale et thaï, avec une superbe nourriture locale. Le curry de crabe et le homok (équivalent thaï du amok ambodgien) sont délicieux !

Nous rentrons épuisés par toutes ces bonnes choses. Il fait nettement plus chaud à Bangkok qu’au bord de la mer au Cambodge. Vivement le retour, c’est la fin de l’hiver ici en Asie du Sud-Est, donc le chaud arrive, et on espère aussi qu’il arrive, mais plus modestement, chez nous.

Dernier jour, derniers plongeons

IMG_7471A l’heure où j’écris ce dernier article sur la belle table en mahogany de la bibliothèque anglaise de l’Atlanta (il ne me manque que le cigare), les enfants sont en train de plonger dans la piscine. Si nous avons le courage, nous irons au marché flottant qui exceptionnellement pendant deux semaines a lieu DANS Bangkok, près de Chinatown. On verra, car on a déjà troussé les jeans et il fait CHAUD !

L’avion pour Bruxelles décolle ce soir et on aura tout le weekend pour se remettre de nos aventures avant de retrouver le chemin de l’école et du travail. Comme d’habitude, on en a plein les yeux, plein le ventre et plein les valises. Notamment une petite statue en bronze des mystérieux visages du Bayon pour laquelle on a craqué à Phnom Penh.

En rentrant, je ferai un article avec le meilleur de notre voyage pour ceux que le Cambodge tente. Hasta la vista Bangkok ! On sera de retour, et plus vite que la dernière fois (il y a 12 ans…).

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Dernières heures à Kep – par Ivan

Tout a une fin. Ce matin nous avons fait les valises, puis nous avons traîné toute la journée entre la piscine et la maison, sans avoir aucune envie de faire quoi que ce soit. Nous grapillons chaque image, couleur, impression, odeur dans la brise. Il fait plus chaud que d’habitude et pour la première fois du séjour nous transpirons. Il est temps de partir.

IMG_7380Les enfants font leur dernier cours d’anglais et pour la peine, ils ont droit à une petite boisson locale, un mélange de lait condensé, de glace, de poudre parfumé au chocolat ou aux fruits, et de petits bonbons gélatineux. C’est assez indigeste, mais heureusement ils s’en rendent compte et n’arrivent pas à terminer leur verre 🙂

Les dernières heures à Kep pourrait aussi être les dernières de tranquillité de Kep. La route qui se construit va amener du monde, beaucoup de trafic, et l’on trouvera les mêmes magasins, pauvres et prostitués que partout ailleurs. Pour le moment la ville est encore une petite station balnéaire préservée, mais les spéculateurs immobiliers veillent et voient déjà les profits arriver. Ce sont les seuls à saliver en pensant à l’avenir.

IMG_7396Nous allons ce soir une dernière fois au Sailing Club. Aurélie et moi roulons doucement, regardons chaque grand arbre avec ses lianes qui ondoient au vent, on s’arrête sur le bord de mer pour assister au coucher du soleil rouge dans la mer. Les embruns marins se mêlent aux odeurs des bougainvilliers. Même si le pays ne nous a pas emballé, ce petit coin de paradis va nous manquer et tous les deux, nous nous sentons un peu noués de devoir partir.

Les enfants courent s’asseoir au bout du ponton et restent tous les deux longtemps face à la mer, les vagues venant leur lécher les pieds. Eux aussi sentent la fin venir et Ulysse n’a pas envie de partir. Mais toute chose a une fin… surtout les meilleures.

IMG_7403Le jour du départ, Aurélie va au Wat Samadhi, le petit temple de montagne à côté de chez nous. Elle n’y avait pas encore été. Le temple est bien situé et la vue sur les marais salants au lever du soleil y est magnifique. Des poivriers et des hévéas sauvages bordent le temple et l’enserrent dans un écrin de végétation assez dense. De loin, il n’y a que le toit qui dépasse.

Les deux prochains jours nous reprenons une dernière louche d’Asie avec Bangkok, puis retour à Bruxelles, en espérant que nous saurons capter un peu de soleil et de chaleur dans nos bagages pour faire venir le printemps.

 

Vivre au rythme des locaux et du soleil

A Kep, depuis notre retour d’Angkor, nous essayons le plus possible de vivre comme les locaux. Cela veut dire faire son marché, vivre au rythme du soleil, ne pas en faire trop, sympathiser avec les voisins, apprendre la langue locale, célébrer les fêtes locales. Voici un résumé des petites découvertes que nous avons faites en vivant ainsi.

La nourriture

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L’épi dor, notre QG pour les viennoiseries. Un petit goût de France !

Nous nous levons tôt – vers 7h30 – et partons chercher du pain et des viennoiseries à la boulangerie de Kep, ouverte depuis janvier seulement ! On a eu du bol, car ses produits ont presque le bon goût de chez nous. Puis nous allons faire notre marché, avec parfois un peu de paresse de notre côté, ce qui fait que nous y allons plus vers 11h que vers 8h.

A midi nous mangeons froid, surtout des salades et des fruits, et le soir nous préparons du riz avec du curry de légumes et du tofu des oeufs ou de la viande.

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Faire la cuisine ici est aussi une aventure !

De temps en temps, un petit restaurant ou un petit plaisir. La dernière semaine nous avons essayé le Kukuluku, une petite guesthouse qui fait des crêpes (rien à voir avec chez nous !) et Koki qui sert par contre de très bonnes pizzas. On se régale encore rien que d’y penser. Et puis, il y a l’incontournable Sailing Club, notre QG à Kep, qui pourrait entrer dans les trois catégories de ce post, car il offre de tout : des cocktails, de la bonne cuisine, une ambiance fantastique, des loisirs et des rencontres sociales. Notre coup de coeur du voyage, et c’est partagé par toute la famille 🙂

Les loisirs

Nous passons beaucoup de temps au bord de la piscine à nager et à jouer, à lire, à travailler (pour Ivan) et à étudier (pour moi et les enfants).

IMG_7279Nous aimons bien aussi aller voir le coucher du soleil en bord de mer (de préférence au Sailing Club !) et passer du temps à la ferme des papillons dans le parc national que nous avons découvert par hasard un jour en suivant un chemin de terre avec Calliopée. C’est l’endroit le plus relaxant de ces vacances, un havre de quiétude. Ca m’a donné envie d’avoir un espace avec des papillons quand j’aurais une maison de campagne plus tard, mais je n’ai aucune idée du travail que cela implique. On n’est pas les seuls à aimer cet endroit, puisque les jeunes de Kep s’y pressent également en bande dès qu’ils ont un peu de temps libre.

De temps en temps, nous partons découvrir un nouveau petit coin autour de Kep, mais modérément : c’est qu’il fait chaud en plein cagnard, heureusement que la moto fait clim aussi !

 

Les activités sociales

IMG_7334Nous voyons pas mal de monde et nous nous sommes déjà fait notre petit cercle d’intimes en un mois. Hélène, la personne qui nous a acueilli le premier jour, est super sympa et on a bien accroché. Elle est architecte d’intérieur de formation et construit sa maison en autoconstruction écologique. Du coup, on a plein d’idées et de références à partager ! Les directeurs et les enseignants de l’école des enfants sont très sympas aussi, on a invité tout ce petit monde à une piscine party il y a deux jours, c’était chouette, surtout qu’Ulysse et Calli se sont mis en tête de faire les DJ, on a bien rigolé quand Ulysse nous a programmé du AHA et du Indochine 🙂

IMG_7241Et puis il y a nos petites voisines, 3 filles de 17, 7 et 6 ans. La dernière, Maya, est une petite fille solaire, avec beacoup de personnalité. Elle tranche vraiment avec ses soeurs et avec la personnalité des khmers que nous avons croisés. Elle parle assez bien anglais. Calli et elle sont inséparables, elle vient souvent nous voir et nager dans la piscine, en amenant ses deux chiots qui font le bonheur de Calliopée (moins celui d’Ulysse !). D’ailleurs nous avons eu une peur bleue quand Calli a plongé avec elle dans la piscine et qu’elle n’avait pas sa bouée, car aucun des locaux ici ne sait nager, bien que nous soyons dans une station balnéaire.

Calli passe aussi beaucoup de temps chez Maya et ça nous permet d’avoir un aperçu dans la vie des gens d’ici. Ils vivent dans une maison en dur, ce ne sont pas des pauvres. La mère est femme au foyer et le père chauffeur de tuktuk. Ils sont très gentils avec nous et invitent Calli à manger, mais celle-ci n’a pas osé goûter à la nourriture.

La soeur aînée, Oun, nous apprend à écrire et parler khmer. Elle passe son temps sur Facebook et à prendre des selfies d’elle, devant la piscine (dans laquelle elle n’ose pas se baigner), avec nos enfants et avec les quelques copines qu’elle invite de temps en temps. Elle a dû interrompre ses études car ses parents n’ont pas assez d’argent pour payer la suite de sa scolarité. C’est bien dommage car elle parle un peu anglais. On lui propose de suivre gratuitement les cours d’anglais du jardin Ayravady en bas de sa rue, mais elle refuse car elle est trop timide. Ah l’adolescence, cet âge maudit 🙂

Les coutumes locales, de manière sélective

On a décidé de célébrer les coutumes locales, notamment le Nouvel an chinois. On a acheté des pétards, des faux billets et de l’encens pendant notre virée à Kampot, et le 19 janvier on a allumé le feu. Bon d’accord, on avait quelques heures de retard sur la nouvelle lune, puisqu’il fallait faire exploser les pétards à 5h du matin. Nos voisins n’ont pas eu les mêmes scrupules que nous… scrogneugneu !

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Ulysse fait le clown avec ses faux billets

Le plus drôle c’est que le matin du Nouvel an chinois, nous recevons un coup de fil via la gardienne de la maison. Un monsieur au bout du fil nous prévient que ce n’est pas bien de laisser traîner beaucoup d’argent dans la maison, et que Suhn, étant très honnête, a prévenu ce monsieur car elle s’inquiète. En fait, elle a vu traîner une grosse liasse de faux billets de 100 dollars, qu’elle a pris pour de vrais ! On a eu un fou rire et elle a bien rigolé aussi d’avoir été aussi bête. En même temps, c’est vrai qu’il sont assez ressemblant, je devrais essayer tiens quand j’irai aux Etats-Unis la prochaine fois. On s’en fiche bien qu’il y ait des inscriptions en chinois, l’avenir des Etats-Unis, c’est la Chine  🙂

Par contre, à part une petite virée à la plage pour Julien dont c’était le dernier jour, on a refusé d’aller au bord de mer pendant tout le weekend du Nouvel an chinois. C’était blindé, on se serait cru à Saint Tropez sans les riches et sans la beauté de Saint Tropez. Des gens partout, des sacs poubelle aussi, des grosses voitures venus de la capitale… Très peu pour nous ! Lundi, tout ce beau monde était reparti et on a pu retrouver Kep tel que nous l’aimons.

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Petit motard… deviendra pas grand, on espère 🙂

Autre coutume locale, l’accident de moto. Heureusement, juste des égratignures pour Ulysse et moi, qui avons dérapé sur un petit chemin de terre à faible vitesse quand Ulysse était aux manettes. Mais du coup, il n’a plus du tout envie de conduire la moto (avec un parent derrière) et je pense qu’il est vacciné pour un moment côté « je veux un scooter » à l’adolescence. N’empêche, pour se baigner, ce n’est pas le top !

Surtout on profite de ne rien faire, de ne penser à rien et d’être, tout simplement. C’est tellement plus facile quand il fait chaud et beau et quand on n’a pas de soucis. C’est donc un luxe dont nous profitons pleinement, car nous savons bien qu’il est de courte durée. Et les enfants, avec leurs chamailleries incessantes, nous rappellent régulièrement à nos responsabilités de parents. Finalement, les vraies vacances, c’est le calme. Et pour ça le Cambodge, ce n’est pas complètement gagné (voir l’article d’Ivan sur le manque de sommeil).

Mais au bout d’un mois, on est content de repartir, comme on était content de partir il y a un mois. Depuis notre première aventure familiale, nous en avons conclu qu’un mois était le temps parfait pour voir la vie locale en profondeur, pour être bien reposé et pour avoir envie de rentrer. Sinon, c’est sûr, on serait déjà resté au chaud dans les tropiques 🙂

 

 

Écologie : le grand perdant du Cambodge – par Ivan

Ce qui frappe le plus dès que l’on arrive au Cambodge est l’état de saleté général et le nombre de déchets en plein air que l’on trouve partout. Ce n’est pas une nouveauté pour nous les voyageurs. Les autres pays nous ont souvent, hélas, fait voir des cours d’eau chargés de plastiques, des bords de routes sales avec leurs bordures d’immondices, mais jamais comme ici.

Respect des animaux ???

C’est par petites touches que nous avons compris le peu de respect que les Cambodgiens ont pour la nature en général. Cela s’explique bien entendu par la disparition des élites intellectuelles sous les Khmers rouges, la reconstruction difficile et le boom économique actuel. Mais les petits exemples qui suivent sont assez parlants.

Un jour en allant louer les kayaks de mer à côté du Sailing Club, les deux loueurs ont un chat parmi les étagères de voiles et de gilets de sauvetage. Le chat miaule fort, d’un miaulement d’animal malade. Tout de suite les occidentaux que nous sommes, avons pitié de la bête et un élan d’empathie nous incite à aller vers l’animal pour le caresser. Voyant nos regards, l’un des deux hommes prend les devants et sourit, puis tape sur la tête du chat pour le faire taire.

Calli l'amie des bêtes

Calli l’amie des bêtes

Les animaux en Asie sont rarement considérés, car tous sont vus comme des sources de protéines. Par exemple, nous sommes agréablement surpris du nombre de chiots que l’on voit dans chaque ferme. Comment ne pas craquer face à ces petits chiens tout mignons. Curieusement, il y a peu d’adultes. Les Français ici nous expliquent que dès qu’ils ont une taille adulte, les chiens sont revendus puis transformés en viande.

Même les insectes n’échappent pas à ce traitement, puis que tous ou presque sont consommés. Les vers blancs, les scorpions, les sauterelles, fourmis rouges, abeilles, blattes et même, spécialité d’ici, les tarentules. Ces dernières se préparent frites à l’huile, ou bouillies à l’eau chaude. Bon appétit.

Respect de la nature ???

IMG_7271La biosphère n’est pas logée à meilleure enseigne. Il est frappant de voir que les jardins sont peu soignés et généralement restent des étendues d’herbe plus ou moins vertes, avec quelques arbres. Les plantations d’arbres fruitiers datent de la colonisation pour une bonne part, et les sacs plastiques poussent plus volontiers sur les sols que les légumes. Et personne ne semble choqué d’avoir son jardin inondé des déchets parmi lesquels paissent les vaches, qui doivent être bien intoxiquées elles aussi. Bien sûr de temps en temps ils ratissent tout ça et y mettent le feu. Ils ne sont pas à quelques fumées toxiques près.

IMG_7269Dans la rue où nous habitons, sur un kilomètre une nouvelle ligne électrique a été posée. D’abord les pylônes en béton, puis la ligne. Le long du trajet, quelques arbres vénérables empêchent le bon passage des fils. J’ai imaginé naïvement alors que, comme en Europe, ils allaient tailler les branches gênantes. Eh bien non ! Ils ont passé directement la grue à travers les branches, jusqu’à ce que celles-ci éclatent, généralement jusqu’au tronc. Des arbres déchirés, brisés, écorchés en lambeaux ornent désormais le bord de la route.

Le long du bord de mer, il y a une mangrove superbe. Elle est mise en valeur et replantée grâce à un programme du Programme de l’Environnement des Nations Unies. Des panneaux annoncent d’ailleurs qu’il est interdit de couper les palétuviers. Et pour cause. Kep est réputé pour ses crabes et ses crevettes, mais en moins de 10 ans, il n’y en a presque plus. Quant aux gros poissons et aux tortues, elles sont devenues inexistantes. Hors, tous les crustacés comme les poissons lorsqu’ils sont petits, trouvent refuge et nourriture dans l’enchevêtrement des racines de la mangrove. Pas de chance pour eux, une route 4 voies et en train de passer à moins d’un mètre de cette forêt aquatique, pour relier la Thaïlande au Vietnam. Les villages de pêcheurs sont rasés et repoussés de l’autre côté de la route. D’ici un ou deux quand les travaux seront finis, tout cela sera un dépotoir et la mangrove, tout comme les populations de pêcheurs traditionnelles seront mortes.

IMG_7220Hier c’était le Nouvel An chinois. Avec les enfants et Julien nous sommes allés nous mêler à la foule locale sur la plage de Kep. Des centaines de personnes partout. Parmi les nageurs, des sacs plastiques, des bouteilles et des gobelets flottent allègrement sans que cela ne gêne qui que ce soit. Des jet-skis se faufilent un chemin à toute vitesse entre les têtes des nageurs et tout le monde s’amuse dans la fumée de gasoil. Comme dit Julien avec un humour triste, « il est interdit de fumer dans la mer, le risque inflammable est trop grand ».

Une terre à bout de souffle

Les rizières dans les pays asiatiques semblent toujours vertes et prolifiques. Mais le sud du Cambodge ne connaît qu’une seule récolte par an contrairement à ses voisins Vietnam et Thaïlande. Pendant la saison sèche, on peut voir la terre nue, craquelée et lessivée. Sa couleur jaune-blanche montre peu de nutriments, qui de toute façon doivent être cuits par le soleil. Il n’est pas besoin d’être un expert en agriculture pour voir que cette terre agricole n’est pas bien portante du tout. Je me souviens de Bali où les rizières en repos, dans les rares cas où elles le sont, ont une terre sombre et riche.

De plus, la multiplication de l’habitat et des routes détruit les rizières. La paysannerie est considérée comme arriérée et haïssable, encore plus la campagne. Ce paysage est donc méprisé et maltraité par les nouveaux citadins, qui sont pour la plupart des ruraux exilés économiques. Pourtant, il serait simple d’enrichir ces terres agricoles. En effet, la paille de riz n’est pas coupée et reste sur pied. Si elle était simplement fauchée et mise au sol, elle conserverait la fraîcheur et l’humidité, éviterait le lessivage et pourrirait sur place, créant ainsi un humus. Pendant la saison sèche, une plante verte pour fixer l’azote permettrait d’améliorer encore le sol et à la saison des pluies, le riz serait encore plus beau.

Le saviez-vous : le riz cambodgien remporte depuis des années le premier prix du riz asiatique pour sa blancheur, sa taille et sa qualité. Mais là encore, les choses risquent de changer rapidement. En effet dans les marchés, les vendeurs nous vendent surtout du riz sorti de sacs provenant du Vietnam.

Plastique : l’ennemi nº 1

En Europe le cas du plastique est déjà  pénible à voir. Ici c’est une invasion catastrophique. On le trouve partout, absolument partout. Dès qu’on achète un fruit, une boisson ou un objet, le vendeur vous donne un sac plastique avec. Si vous prenez trois petites choses différentes, chacune est dans un sac plastique différent. Et avant de partir, pour faciliter le transport, le commerçant vous enveloppe les trois sachets dans un plus grand. Même pour un verre de jus de fruit, il existe des sacs-poignets de transport pour votre gobelet. Les routes, les jardins, les champs, les rivières, la mer, les forêts, partout on trouve du plastique.

Le manque d’éducation est bien entendu la principale cause de cela. À l’école où vont les enfants, à la sortie se trouvent des vendeurs de glaces ou de jus de fruits, de chips et de bonbons. Dès qu’un aliment est consommé, les enfants jettent les emballages plastiques à leur pied. Pourtant dans cette école tenue par des Européens, ils sont sensibilisés au fait de mettre tout cela à la poubelle. Il y a bien une poubelle qui trône à la sortie de l’école, avec une belle couleur et décorée d’une bouche et d’une paire d’yeux pour attirer les enfants. Mais les détritus sont autour de la poubelle, pas dedans. Leurs parents font comme cela, pourquoi cela changerait ?

IMG_7189Autrefois, tous les récipients étaient fabriqués avec des produits naturels. Les plats en feuilles de bananiers, les ustensiles de cuisine en bambous ou en tressage de fibres, et ainsi de suite. Ils pouvaient jeter tout cela sans s’en préoccuper, car tout finissait par se biodégrader. Il y a 5 ans encore, le Cambodge et même sa capitale étaient calmes, peu pollués. Aujourd’hui tout le pays est en pleine effervescence, connaît un boom économique et suit le même chemin catastrophique que la Chine si aucune conscience écologique ne vient rapidement tirer la sonnette d’alarme. La nature est détruite pour faire place aux chantiers, les montagnes sont creusées pour obtenir de la pierre et fabriquer du ciment, les villes sont polluées et poussiéreuses, les gens se déplacent avec des masques pour pouvoir respirer.

Un français, Toulousain sympathique, vient à la villa de temps en temps et nous raconte la chose suivante : « Vous avez vu le gros crabe à l’entrée de la plage avec le bandeau Keep Kep Clean 2014 ? Une association pseudo écologique est venue expliquer aux habitants qu’il fallait ramasser tout le plastique qui traînait. Ils ont fait ça avec spectacles, clowns et force musique. C’était la foire et tous les Cambodgiens ont adoré. Ils sont venus en masse. Puis tous se sont mis à ramasser partout le plastique. Mais quand une main est pleine, que fait-on pour continuer à ramasser ? Et bien on jette ce qu’elle contient. Ils avaient oublié de proposer des sacs poubelles. Du coup après leur passage, la ville était encore plus sale qu’avant, car les habitants avaient ressorti tous les plastiques des fossés, des forêts, pour finalement tout balancer sur la route de bord de mer ». À elle seule, cette histoire permet de comprendre que le chemin sera long à parcourir pour ce peuple, mais que le naufrage écologique promet d’être rapide.

 

Les piscines c’est dangereux – par Ulysse

Jeudi 12 février 2015

Ce matin nous sommes allés à un nouvel hôtel et on est resté au bord de la piscine. L’après-midi nous sommes allés à une ferme aux crocodiles avec notre tonton Julien qui est était super !

Un monsieur a jeté une poule vivante aux crocodiles et SCROUNTCH ! dans la gueule du croco.

13 et 14 février 2015 la visite des temples d’Angkor

Les jours qui suivent nous sommes allés dans les temples. Sur le chemin il y a des vendeurs de peintures et je me rappelle qu’un serpent venimeux a débarqué sur les peintures et s’est fait chasser à coups de bâton.

Pour Calli et moi, les temples c’est pas top !

Du 14 au 20 février 2015

Les autres jours sont passés beaucoup trop vite ! Exemple :

On prend
le
tuktuk…
on
va au marché russe…
je m’amuse dans l’eau
avec Julien…
on rentre
à Kep…
Je me cogne
dans l’eau,
on va
a l’hôpital
pour me faire
un point de souture…
je ne peux plus me baigner
pendant 5 jours
et mon tonton part !

Quelle déception !! 😥

Alors on va prendre le petit déjeuner à la boulangerie française pour se consoler et quand je rentre je lis Harry Potter 7.

Kampot la nostalgique

Le 17 février nous avons emmené Julien au bout de la future autoroute pour lui montrer le petit village avec les enfants si adorables, la jolie plage sauvage et les salines de Kep au coucher du soleil.

Cette fois les enfants mangeaient et nous n’avons pas été accueillis par des cris et des petits bras affamés d’amour, mais par de grands sourires et des éclats de rire. Nous essayons de pousser un peu plus loin le long de la plage mais le chemin s’arrête pour devenir franchement sableux.

Un héritage architectural mal mis en valeur

On the road again!

On the road again!

Aujourd’hui, 18 février, nous décidons de prendre la moto pour visiter Kampot, à 25km à l’ouest de Kep au bord de la mer. Kampot est très connue pour son poivre, mais nous nous abstenons de visiter une plantation de poivre, car les enfants n’aiment pas ça et nous préférons partir un peu à l’aventure, sans rien prévoir.

C’est chouette de prendre la route comme ça mais nous avons aussi un peu d’appréhension, car ce sera le plus long voyage en moto que nous avons fait. Sur le chemin, nous croisons des musulmanes et des mosquées. Ce sont des Chams, la minorité musulmane du pays. Ils sont assez bien intégrés dans cette partie du pays, travaillent pas mal dans le bâtiment, et contrairement aux Khmers, ont la réputation d’être travailleurs (selon les expats avec lesquels on discute et qui ont travaillé avec les deux).

Nous arrivons à Kampot sous un ciel orageux, mais pas une goutte d’eau ne tombe et le ciel se dégage vite. La ville est assez moche, mais on sent qu’elle a été jolie, et la partie sud, plus touristique, est très clairement construite sur des principaux urbanistiques européens. Ronds-points, grandes allées bordées d’arbres, longues rangées de maisons coloniales à un étage et à volets qui me rappellent Hanoi.

Comme nous sommes la veille du Nouvel an chinois, de nombreuses maisons font brûler des encens, de faux billets et d’autres objets pour les ancêtres devant leur maison. C’est un spectacle intéressant à regarder et les enfants nous demandent si nous pouvons également acheter de faux billets, de l’encens et des pétards.

Du coup nous quittons la vieille ville et partons dans la ville moderne, donc moche et en perpétuelle construction, pour trouver le marché. Celui-ci n’est indiqué nulle part, puisqu’il n’est pas pour les touristes, mais nous trouvons quand même ! Rien ne nous arrête 🙂

IMG_7208Le marché ne donne vraiment pas envie, mais nous trouvons ce qu’il nous faut pour organiser nous aussi une petite fête de Nouvel an chinois.

Nous repartons manger au bord de la rivière dans un beau restaurant installé dans une vieille maison en bois, le Rikitikitavi, du nom de la mangouste dans Le Livre de la Jungle de Rudyard Kipling. Très bon choix aussi bien en terme gastronomique que pour l’ambiance. Et nous y mangeons les meilleures glaces de tout notre séjour, pour moi au galangal et à la citronnelle, plus classique pour les enfants.

 

On the road again

Dur de quitter le confort du Rikitikitavi, surtout à l’heure de la sieste, mais nous tentons quand même notre chance, malgré le cagnard, de l’autre côté de la rivière. Le bord de mer et les pagodes vues au loin nous attirent.

Le pont en métal qui traverse le delta de la rivière qui fait la gloire de Kampot (connue pour ses couchers de soleil sur la rivière) date du protectorat français. Il est en très mauvais état, avec les plaques de fer rongées par endroit. Interdit aux voitures, nous nous faufilons entre les barrières pour le prendre à moto, comme les locaux, mais c’est toute une aventure d’éviter les plaques trouées par lesquelles on voit la rivière en contrebas.

De l’autre côté, la rivière est jonchée d’ordures, impossible de voir les berges. Nous arrivons sur une petite île au milieu du delta, et prenons sur notre gauche pour longer le front de mer. Des petits chemins de campagne font cahoter nos motos, des salines tout le long ou des villages. Malheureusement il fait de plus en plus chaud et nous désespérons de voir la mer ouverte. Au bout de 15 minutes, on n’en peut plus et on décide de rebrousser chemin, car dès qu’on ne roule pas vite, la chaleur est très pénible.

Retour à Kampot, puis sur la route du retour. A la maison, nous sautons dans la piscine avec une joie non dissimulée 🙂

Le soir, quelques pétards, mais pas de sono à fond ou de démonstrations bruyantes pour fêter le Nouvel an chinois. On se demande bien ce que les Kepois nous préparent pour le 19 février…

De Kampot, je garde le souvenir d’une ville mélancolique et je sens dans cette ville une nostalgie pour son passé colonial qui semblait plus beau que son présent. Mais cette impression est bien sûr biaisée par ma conception occidentale du goût et du beau, comme quoi on ne se refait pas !

Vivre de nature, de fruits frais et d’un bon cocktail

Notre retour à Kep se fait sans encombre mais à la suite d’un long voyage. Il commence très tôt le 15 février au matin, juste à l’heure où l’équipe du Paradise Eco Resort où nous logeons à Siem Reap se réveille pour nous préparer un petit déjeuner. Il est 7 heures.

10 heures de route à travers le Cambodge

Nous prévenons le propriétaire de l’hôtel que le bus pour Phnom Penh va venir nous chercher et celui-ci est très surpris car comme l’hôtel est en dehors de la ville, le bus ne passe jamais d’habitude. Nous appelons la compagnie de bus qui nous avait confirmé cela par écrit la veille. Ils nous confirment qu’ils vont venir. Du coup nous annulons le tuktuk que nous venons de commander. Mais après 15 minutes d’attente le propriétaire rappelle la compagnie et celle-ci nous apprend que finalement ils ne vont pas venir car c’est trop loin. Sans blague ! Nous rappelons le tuktuk en urgence car il nous reste 15 minutes avant le départ du bus et il faut précisément 15 minutes pour atteindre la station de bus.

Ivan panique un peu mais je lui rappelle d’autres épisodes de nos voyages précédents où nous avons toujours réussi à prendre les transports malgré des conditions complètement invraisemblables. Il a même droit à un petit shiatsu dans le tuktuk ! Et effectivement, nous arrivons juste à l’heure du départ officiel, mais 15 minutes avant le départ effectif du bus. En Asie, il ne faut jamais douter, il y a toujours une solution à portée de main. Tou keyi comme disent les Chinois, tout est possible !

IMG_7096Quel contraste avec le bus de nuit ! Le bus est moderne, la clim est réglable, nous sommes assis à 5 dans la dernière rangée un peu surélevée, la place de choix quand j’allais en classe verte, mais visiblement pas la préférée des voyageurs au Cambodge. Un employé passe pour nous distribuer des pains au chocolat et de l’eau, c’est le luxe 🙂

Le voyage passe lentement, 6 heures 30 de route, et nous voyons enfin cette route infernale qui a fait trembler nos vertèbres dans le bus de nuit. Elle est en piteux état, ou en pleine construction, mais du coup, dépourvue de goudron sur la majeure partie. Quel contraste avec Kep où les routes sont impeccables.

Il semble que tout le Cambodge du centre ressemble au paysage suivant : rizières (asséchées pour l’instant), haies de cocotiers ou d’arbres locaux de temps en temps, et le long de la route des maisons, soit en bois et sur pilotis , soit en béton et à la chinoise/vietnamienne, avec un magasin au rez-de-chaussée et une façade souvent en carrelage aux couleurs criardes. Il n’y a pas de villages au sens européen, mais une route bordée de maisons quasiment tout le long du chemin, avec de temps en temps des maisons plus grandes, des routes un peu mieux goudronnées et plus de marchés et de magasins : cela s’appelle une ville.

Près de Phnom Penh, le paysage devient plus vert et plus diversifié du fait de la proximité de l’eau avec le Tonle Sap et le Mékong. Je retrouve un peu de l’Asie que je connais, car toute cette sécheresse me désole. Même au Sri Lanka pendant la saison sèche, tout était vert. Mais c’est plus au Sud, c’est vrai.

Enfermés au marché !

À Phnom Penh, nous filons au marché rusée pour que Julien puisse faire quelques emplettes et pour y retrouver notre chauffeur de taxi, Po, qui nous y attend pour 17:00. Autant dire qu’on a 15min pour négocier et faire le marché russe, dur dur !

Ivan et Julien filent pendant que je prends un jus de fruits frais avec les enfants chez une vendeuse qui ne parle pas un mot d’anglais. Le langage des signes c’est bien pratique 🙂 Je repère le taxi et met les enfants dedans pour qu’ils profitent de la clim et je pars à la recherche des hommes.

C’est là que je réalise que toutes les entrées du marché, qui forme un carré de 50m par 50m plus ou moins, sont fermées. Je m’inquiète pour Ivan et Julien, et après avoir fait le tour, j’abandonne ma recherche. Ils sont grands, ils trouveront bien de l’aide pour sortir de là si jamais ils sont enfermés. Je m’arrête pour acheter quelques fruits car le frigo de la maison est vide et repars vers le taxi. Au bout de 10 minutes, Ivan et Julien arrivent.

Effectivement, ils étaient enfermés et ont suivi un touriste qui connaissait la seule entrée toujours ouverte du marché ! Du coup, les opportunités de marchander et de faire des affaires étaient limitées mais Julien repart quand même avec quelques achats.

Après 3 heures de taxi de nuit et quelques appréhensions par rapport au nombre de gens qui conduisent sans lumières leur moto ou leur vélo, nous arrivons à la villa à Kep. Un bon plongeon et les 10 heures de route sont oubliées ! C’est presque comme de rentrer chez soi 🙂

Les plaisirs de Kep

IMG_7117Le lendemain et les jours suivants, nous initions Julien aux plaisirs de Kep : nature abondante, fruits exotiques à des prix dérisoires. surtout les mangues, les pastèques et les ananas, absolument délicieux, et soirées décontractées au Sailing Club avec ses bons cocktails et ses couchers de soleil à ne pas rater.

Nous avons encore 10 jours devant nous pour profiter de tout cela, mais on sait aussi que les derniers jours passent plus vite, alors on savoure chaque moment, la chaleur, la mer, la douceur de vivre.

Donnez m’en Angkor – le petit circuit

Nous avons été très paresseux ces derniers jours et n’avons rien écrit depuis l’article sur notre première visite des temples. C’est que l’on se fait vite au farniente et au bonheur de se laisser vivre, sans rien prévoir et sans anticiper sur ce qui va se passer dans une heure.

Mais c’est promis, nous allons nous rattraper !

Le petit circuit d’Angkor, ou la concentration des merveilles

Le 13 février nous avons pris une décision importante : nous allons écourter notre séjour à Angkor d’un jour pour pouvoir prendre le bus de jour des Siem Reap à Phnom Penh. Le voyage de nuit nous a laissé un tel mauvais souvenir que nous ne sommes pas prêts à recommencer. De plus, cela veut dire que nous dormirons dans notre belle maison à Kep un jour plus tôt, ce qui n’est pas non plus pour nous déplaire. Du coup cela ne nous laisse qu’un jour pour découvrir les merveilles d’Angkor que nous n’avons pas encore vues.

Angkor Vat

IMG_6952Le 14 février, nous nous levons donc très tôt, vers 6 heures du matin, pour aller découvrir Angkor Vat, le joyau de l’ensemble des temples d’Angkor, au lever du soleil. Nous arrivons juste au moment où le soleil est levé et juste à temps pour voir repartir les hordes de touristes venus admirer le lever du soleil sur le temple.

Un bassin entoure le temple et pour y accéder il faut passer par un pont majestueux dont un des côtés commence sérieusement à piquer du nez. Des travaux sont en cours de ce côté là. Rien que le pont, entouré de chaque côté de statues de lions et de multiples nagas qui forment des rampes naturelles, est impressionnant et augure d’un temple aux dimensions et à la charge symbolique importantes.

L’entrée du complexe dans lequel se trouve le temple est en fait un grand bâtiment allongé avec trois portes imposantes, qui devaient être assez grandes pour laisser passer dédis éléphants à l’époque de Suryavarman II, le roi khmer qui a fait construire Angkor. Un macaque nous accueille à l’une des portes et quelques touristes mitraillent pour avoir une photo de lui. Mais il suffit de faire quelques pas et de l’autre côté d’autres macaques nous attendent. Je vois un grand mâle qui se promène sur l’allée en bois qui donne accès au temple d’Angkor en fond visuel, le soleil est entouré d’un halo et le tout donné une impression de sérénité et de douceur un peu sauvage – je suis sous le charme.

Il y a assez peu de touristes qui s’aventurent loin du sentier principal, ce qui laisse la place de profiter du site immense et d’avoir l’illusion de le découvrir à son aise. Cela permet également de faire quelques belles photos.

IMG_6948Nour prenons un petit-déjeuner au pied d’Angkor Vat : nous avons même de la confiture Bonne Maman rapportée par Julien, il ne manque plus que la crème de marrons pour que mon bonheur soit complet 🙂

Le temple lui-même est encore plus imposant que le bâtiment d’entrée. Je m’imagine me perdre dans son dédale de couloirs et d’escaliers, de tours et de sculptures. Pendant un court moment, je suis au 12ème siècle et j’absorbe telle une éponge l’ambiance magique du lieu.

Malheureusement, le moment de grâce est de courte durée car il faut s’occuper des enfants. Alors qu’Ivan et moi pourrions passer des heures à observer les apsaras, les bas-reliefs du Mahabarata et les sculptures de Vishnou, les enfants se lassent au bout de quelques minutes, et il y a toujours quelque chose : l’un a envie d’aller aux toilettes mais refusent d’aller dans les bois, comme font tous les cambodgiens, l’autre se promène sur des corniches dangereuses et doit être surveillée comme le lait sur le feu.

C’est que le site d’Angkor Vat se visite à sa guise : on peut escalader le temple, passer par les corniches extérieures pour atteindre des plateformes peu visitées, gravir des escaliers très usés qui vous donnent l’impression de faire de l’escalade ou encore accéder à presque toutes les fresques et statues et les toucher de ses doigts nus. Chez nous, le site serait quadrillé de cordes et de passages dédiés aux touristes et l’on ne pourrait voir cette merveille que de loin. Cette réalité me réjouit à titre personnel tout en me désolant à titre collectif, car que restera-t-il d’Angkor à ce rythme dans 50 ans, quand des millions de mains avides auront touché les fresques fragiles, quand des millions de pas lourds auront usé les délicates entrées de portes, quand des millions d’haleines plus ou moins chargées auront éliminé les rares restés de peinture que l’on peut encore apercevoir sur les bas-reliefs retraçant l’histoire des rois glorieux d’antan ?

Ulysse et moi voulons monter à la tour la plus haute d’Angkor Vat mais nous sommes persona non grata, moi à cause de mon short (indécent, puisqu’il m’arrive à mi-cuisses), lui parce qu’il a moins de 12 ans. Alors que cela ne me fait ni chaud ni froid, Ulysse se lance dans une diatribe enflammée contre les religions, qui fait des règles aussi idiotes (ces mots sont nettement plus forts) et qui empêche les enfants de vivre normalement. Nes lui explique la différence entre religion et spiritualité et nous avons une conversation très intéressante. Le lieu est propice !

Au bout de 2 heures de visite qui nous semblent à nous adultes au pas de course et qui pour les enfants s’assimilent à de la torture (j’exagère à peine), nous rebroussons chemin pour rejoindre le tuktuk qui nous amène à Angkor Thom, un ensemble de temples encore plus grand qu’Angkor Vat.

Angkor Thom et le Bayon

IMG_6999Pour y accéder nous passons sur un pont où des soldats de pierre à tête de démons soutiennent un naga immense de chaque côté. Puis sous une porte d’entrée surmontée de 4 visages au sourire mystérieux, la marque de fabrique de Jayavarman VII, le roi qui a fait construire le Bayon et plein d’autres temples à Angkor.

Angkor Thom est très entendu et chaque temple se découvre à la fois. c’est le Bayon que nous croisons en premier. Temple étonnant de part les nombreuses tours de visages, mais aussi du fait de sa galerie extérieure dont les bas-reliefs extraordinaires sont accessibles directement aux visiteurs, sans passer par une première enceinte de temple comme a Angkor Vat ou Banteay Kdei. Il y a aussi les multiples niveaux a l’intérieur du temple qui en font un exemple unique d’architecture parmi les grands temples d’Angkor.

On est scotché par ce temple et on y passerait bien y passer des heures si les enfants ne nous tannaient pas pour savoir quand on rentre. C’est qu’ils se sont levés tôt et de leur propre aveu, les temples ce n’est pas trop leur truc 🙂 Sauf l’escalade et les dédales de couloirs qui leur plaisent bien !

IMG_7020Un jeune moine s’arrête devant Calli et celle-ci lui fait un salut traditionnel avec les mains jointes. Il est tellement charmé qu’il veut que nous prenions une photo d’eux deux avec son téléphone portable. J’aime bien l’idée que même les moines bouddhistes succombent aux sirènes du selfie !! Allez, il est encore jeune, il a le temps de devenir sage… Quoi que les exemples de moines rencontrés au Cambodge ne soient pas forcément rassurants, beaucoup fument et tous ou presque se promènent avec leur téléphone portable accroché à l’oreille. Sans doute les moines sérieux ne sortent-il que peu de leur monastère.

Après plus de 4 heures de visite, nous décidons de nous arrêter là, même si le Baphuon nous fait sérieusement de l’œil, car il fait une chaleur écrasante et les petits (et grands) sont épuisés.

So long Angkor ! Nous reviendrons, c’est sûr, mais cette fois sans les enfants 🙂

Artisans d’Angkor et beignets de fourmis rouges

L’après-midi, pendant que les enfants et Julien profitent de la piscine, Ivan et moi allons en ville pour visiter les ateliers d’Artisans d’Angkor, un centre qui forme des artisans dans les arts traditionnels khmers tels que laque, sculpture sur pierre et sur bois et peintures sur soie.

La visite est intéressante, aussi parce que les ouvriers ont des revendications syndicales. C’est plutôt inattendu pour nous au Cambodge. En effet, nous apprenons qu’ils gagnent moins de 100 dollars par mois alors que le salaire moyen est de 150 dollars. Et c’est un travail pénible. Par contre, nous sommes vraiment déçus par la boutique attenante aux ateliers. Le moindre objet y est vendu a un prix largement supérieur à ce qu’on trouve ailleurs dans le pays, et maintenant que nous avons appris que les ouvriers sont mal payés, on se demande bien dans quelles poches va le surplus qu’on nous demande nous de payer ? En plus, ils vendent vraiment des produits ridicules, comme du baume traditionnel khmer à 12 dollars qui n’est autre que du baume du tigre que l’on peut trouver pour 2 dollars chez n’importe quel pharmacien. Il ne faut pas prendre les touristes pour des cons… Mais apparemment, ça marche !

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même le mojito est spécial au Marum : devinez à quoi il est ?

Bref, nous nous consolons le soir dans un bon restaurant qui forme des serveurs et des professionnels de la restauration – décidément, le mot d’ordre au Cambodge c’est la formation des jeunes, en même temps il y en a tellement et tout est encore à faire dans ce pays. Le restaurant s’appelle le Marum, il est décoré de dessins d’enfants, cela nous plaît beaucoup. Il sert comme spécialités des beignets de fourmis rouges arboricoles et des intestins de porc farcis aux embryons de canard (véridique !). Autant les premiers sont délicieux, autant rien que l’évocation du deuxième nous retourne l’estomac ! Les enfants apprennent par après qu’ils ont goûté des fourmis et aimé cela, ils sont furieux contre nous de ne leur avoir rien dit avant 🙂

Nous nous couchons le ventre plein et heureux de cette journée riche en découvertes.

La suite de mes aventures – par Ulysse

Vendredi 6 février 2015

L’après-midi je suis allé à mon cours d’anglais, mais les jours passèrent et nous sommes allés à Phnom Penh et nous avons du quitter les tatas. Mais heureusement que mon tonton Julien, que l’on appelle lapin, est arrivé le 10 février.

Mercredi 11 février 2015

IMG_6641Ce matin, on a fait cool cool, j’ai lu mon bouquin Harry Potter 7, on s’est baigné dans la piscine de l’hôtel et on a fait les cahiers de vacances.

Après on est entré dans un marché avec une grande coupole, on a mangé dans un stand des nouilles qui piquaient un petit peu et ma sœur des rouleaux de printemps aux crevettes entières avec la carapace. Elle a pas aimé !! Après on a croisé des araignées grillées – mmmmhhh ! Julien nous a promis qu’il en mangerait.

IMG_6654Ensuite on a pris un dessert typique : un bol avec du lait de coco, des glaçons et une autre boisson que je ne connais pas, et j’ai choisi pour y mettre dedans des petites graines, de la gélatine et un truc transparent gélatineux. J’ai bien aimé sauf que le truc transparent était un peu dur.

L’après-midi on a été boire des noix de coco fraîches au numéro 9b d’une rue, qui était en fait entre le numéro 11b et le numéro 13. C’était très logique !! 🙂

Le soir on est retourné à l’hôtel pour prendre le dîner et on a pris le bus de nuit pour aller a Angkor. Il y a presque de vrais lits. Il y avait du wifi ce qui n’était pas du tout important pour nous car nous devons dormir !

Il y avait un petit ronronnement du moteur, maman disait que ça berçait, moi je ne trouvais pas. Ma sœur demandait quand est-ce que les lumières s’éteignaient et quand elles s’éteignirent, malheureusement celle de nos parents non. C’est bête hein !! 😛

Vous saurez la suite demain comment on est arrivé à Angkor et qu’on a visité des temples – encore !

Donnez m’en Angkor – le grand circuit

Ce matin, après un petit-déjeuner « continental » comme ils disent – pain, beurre, confiture mangue-ananas, salade de fruits frais et thé – agrémenté de crème de marrons ramenée par Julien, on part pour visiter les temples toute la journée. Crème de marrons et Angkor, autant dire qu’on n’est pas loin du paradis 🙂

Le premier jour nous avons décidé de faire les temples moins connus pour finir en grande beauté par Angkor Vat et Angkor Thom, les temples les plus connus. Cela s’appelle le grand circuit, par opposition au petit circuit qui ne consiste qu’à faire les temples les plus connus et concentrés autour d’Angkor Vat.

Sra Sang et Banteay Kdei

Notre chauffeur nous emmène donc à Sra Sang, un réservoir d’eau qui autrefois servait de piscine aux rois et aux reines. Cest une grande étendue d’eau, dont le pourtour est construit. Deux lions surplombent la plateforme principale de ce bassin et des ouvriers travaillent à restaurer la plateforme en contrebas. C’est intéressant de les voir travailler. Ils numérotent chaque pierre et se repèrent sur des plans pour ensuite reconstituer le puzzle. Pour le Baphuon, un des temples principaux d’Angkor Thom, il y avait plus de 300000 pièces à remettre en place. Sacré puzzle !

Nous poursuivons par la visite de Banteay Kdei, un temple mineur mais très beau, passablement abîmé, aux magnifiques apsaras (danseuses). Nous passons devant une veille dame qui garde un sanctuaire bouddhiste. Celle-ci nous noue un fil de coton rouge autour du poignet comme porte-bonheur. Je dis aux enfants de faire un vœu : quand le bracelet tombera, leur vœu se réalisera. Calliopée est toute excitée par l’idée et du coup cherché à collectionner les bracelets en coton rouge 🙂 Il y en a un de distribué dans presque tous les temples mineurs.

Ta Nei

La visite se poursuit avec une balade en tuktuk vers un temple perdu dans la végétation : Ta Nei. Seul un petit groupe de Français visite ce temple avec un guide, à part nous. C’est super de voir ce petit temple perdu dans la végétation, on a vraiment une bonne idée de ce que les premiers explorateurs français ont dû ressentir lorsqu’ils ont découvert Les temples d’Angkor.

Ta Nei est joli, il y a encore quelques bas-reliefs très impressionnants. Beaucoup de pierres aussi à remettre en place et à reconstituer pour redonner à ce temple sa splendeur d’antan. Des gibbons se promènent autour de Ta Nei : nous avons eu la chance d’en voir un mais en tuktuk et de loin.

 

Ta Keo

Nous repartons tous contents de n’avoir pas eu de foule depuis ce matin, vers un temple d’un style très différent : Ta Keo. Ta Keo est un temple montagne, un temple construit comme une pyramide aztèque, dans lequel il faut monter des escaliers très escarpés pour atteindre le sommet et profiter de la vue et d’une certaine forme de spiritualité. C’est celle liée à la représentation brahmanique du monde, qui considère le Mont Meru comme la représentation de l’univers et l’ascension physique comme un moyen d’atteindre l’élévation spirituelle.

Il est 11 heures, l’ascension se fait dans la chaleur du milieu de journée. Et ce n’est que l’hiver, pendant la saison humide les tempérât eues atteignent facilement 40 degrés. Là il ne fait que 32 degrés et on a chaud, mais c’est supportable, avec beaucoup d’eau.

Ta Keo est austère car il n’y a quasiment pas de bas-reliefs et de sculptures et la pierre est raide et dure. C’est le premier temple à être construit en grès à Angkor et le grès est notoirement plus difficile à tailler que d’autres pierres plus malléables.

Ta Prohm

Nous terminons la visite par Ta Prohm, mondialement connu sous le nom de « temple de Tomb Raider ». C’est le temple dans lequel a été tourné le film éponyme avec Angelina Jolie. Ca me fait rigoler comment les touristes nous apostrophent pour nous demander dans la matinée où est le temple de Tomb Raider. Comme si ils ne pouvaient pas retenir ces deux syllabes : Ta Prohm.

Le temple est incroyable, d’une très belle richesse à la fois en formes architecturales et en sculptures et bas-reliefs. Il est très abîmé mais grâe à un bel effort de restauration une partie du temple retrouve sa stature d’origine. D’immenses arbres, soit des fromagers, des arbres-araignées ou des ficus étrangleurs (aucun de ces noms n’est le nom scientifique, mais je les trouve tellement plus évocateurs, surtout le premier pour nous en mal de fromage ici en Asie), parsèment le temple et enserrent dans leurs puissantes racines des morceaux de temples. Enlever les arbres risquerait non seulement de casser ces parties mais cela permet aussi aux visiteurs d’avoir une idée de l’état dans lequel les premiers explorateurs ont trouvé les temples il y a plus d’un siècle de cela.

Mais le prix de cette richesse c’est un nombre incroyable aussi de touristes et qui prennent souvent tous le même cliché de tel arbre ou de telle bas-relief. Il faut alors se faufiler dans les couloirs sombres et ressortir dans un coin moins connu du temple pour avoir un peu de paix.

Après ces 4 heures de visite, tout le monde est bien fatigué et nous demandons au tuktuk de nous ramener à l’hôtel. Les enfants ont été super, Ulysse et Calli ont flashé chacun sur des choses différentes : Ulysse sur le mélange nature et temples ainsi que sur des peintures à l’eau faites par un jeune homme assis entre deux temples ; Calli sur les dévotions bouddhistes à l’intérieur des temples et les innombrables escaliers à monter et à descendre.

L’après-midi s’étire au bord de la piscine avec les habituels devoirs de vacances et lectures.

Phnom Bakeng

Au coucher du soleil, Julien et moi décidons d’aller faire un tour tous les deux pour voir la lumière rasante sur Angkor Vat depuis un autre temple, le Phnom Bakeng. La montée vers ce temple est agréable, si ce n’était les hordes de touristes. Visiblement, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée 🙂 Nous montons jusqu’à un belvédère d’où nous avons une superbe vue sur la jungle et le Baray occidental, cette immense étendue d’eau qui servait de réservoir d’eau aux habitants d’Angkor il y a presque mille ans déjà.

 

Au sommet, un autre petit temple montagne, moins impressionnant que Ta Keo nous attend. Nous le contournons par la gauche pour ne pas faire comme la foule qui se presse vers la droite, mais – erreur – nous nous retrouvons devant un escalier qu’on ne peut que descendre, pas monter. Nous devons rebrousser chemin et faire la queue, qui s’est formée depuis notre départ. Damned ! Si on n’avait pas fait les malins, on serait déjà en haut à profiter du coucher de soleil… Au bout de 15 min de queue sans bouger, on décide de redescendre car ils laissent monter les gens au compte goutte pour ne pas abîmer le site, ce qui est très bien.

Du coup on profite du coucher de soleil sur les rizières et les buffles paisibles qui broutent entre les nénuphars et les lotus. C’est bien aussi !

Le soir tombe vite ici. A 18 heures, la journée est finie. Pour le dîner, les adultes goûtent quelques spécialités locales et les enfants se font plaisir avec des pâtes bolognaise ou des burgers avec des frites. Finalement, ils mangent toujours plus de frites en vacances à travers le monde qu’à la maison en Belgique !Des apsaras (danseuses) et des devatas (nymphes) dans les yeux, je m’endors avec un sourire béat.

Demain, Angkor Vat et les sourires mystérieux du Bayon, entre autres.